A mesure que s’amenuisent les gisements de matières premières, les fonds écologiques sont de plus en plus
prisés. Selon l’Association européenne de promotion de l’industrie photovoltaïque (EPIA), la croissance de ce secteur pourrait atteindre 40% par
an.
Si
des centrales solaires étaient érigées sur seulement 1% de la surface des déserts, leur production couvriraient les besoins actuels mondiaux en électricité.
Tirer parti de l’effet de rareté
Etant
donné que les gisements fossiles et les réserves de pétrole s’épuisent peu à peu, il est impératif, et lucratif, de passer à une gestion durable de l’énergie. Les fonds écologiques sont donc très
appréciés. Les investissements dans des produits écologiques, tels que les technologies environnementales, peuvent en effet procurer des rendements attrayants. Cependant, la production
d’électricité à partir du soleil restant beaucoup plus chère qu’avec les sources d’énergie classiques, il faudrait que l’Etat mette en place les incitations nécessaires, par exemple des
programmes de subventions solidement ancrés dans la législation ou des labels de qualité internationalement reconnus. L’Allemagne, le plus important marché pour le photovoltaïque, fait figure de
modèle avec un projet de refonte de sa loi sur les énergies renouvelables.
Le risque de réduction des subventions et la dépendance à l’égard de ces aides ne sont toutefois pas à exclure. Néanmoins, Dominik Müller estime que le secteur solaire pourra, à mesure qu’il se
développera, adapter ses prix et renoncer aux subventions, qui sont d’ailleurs susceptibles d’être revues en baisse.
La concurrence des cellules photovoltaïques de deuxième génération
D’après
une étude prospective de l’EPIA relative à l’évolution des prix de l’électricité, certaines régions du monde pourrait parvenir dès 2012 à ce que l’on appelle l’«égalité des réseaux» (c’est-à-dire
la compétitivité de l’électricité solaire non subventionnée). Pour accélérer ce processus, les cellules photovoltaïques sont en permanence testées et améliorées avec la technologie la plus en
pointe. Celles de la deuxième génération, à couches minces, sont jusqu’à 100 fois plus fines que les cellules
cristallines classiques, et certaines sont déjà produites à partir de nouveaux matériaux, tels que le tellurure de cadmium. Elles ne sont donc pas menacées par les problèmes d’approvisionnement
en silicium, la matière première des cellules de première génération.
Encouragé par les progrès de la fabrication des cellules photovoltaïques, Dominik Müller se montre optimiste: «Certes, les cellules à couches minces restent moins performantes que les cellules au
silicium, mais leur coefficient de conversion énergétique ne cesse d’augmenter».
La technologie des couches minces devrait par conséquent conquérir des parts de marché importantes dans les prochaines années. Enfin, selon Dominik Müller, les «cellules de troisième génération,
en plein essor», sont encore en phase de développement mais très prometteuses à long terme.
Il s’agit de cellules organiques, photoélectrochimiques et nanocristallines.
Vers des produits de masse
Il est évident que les besoins énergétiques mondiaux vont continuer de croître et les matières premières de se raréfier. Pour Dominik Müller, le dossier explosif que constitue la question de l’énergie a notamment à voir avec les évolutions démographiques mondiales: «La mondialisation ainsi que l’urbanisation et l’industrialisation à l’échelle planétaire stimulent la demande d’énergie, et le renchérissement de l’énergie est toujours plus préoccupant». C’est pourquoi Dominik Müller estime que la problématique actuelle n’est pas près de disparaître. Les cellules photovoltaïques devraient devenir progressivement des biens de consommation courante, ce qui comprimera encore davantage les marges. Mais le secteur s’y prépare. Dominik Müller observe des améliorations constantes, sans négliger l’aspect financier: «L’utilisation des modes de production les plus modernes et la mise en œuvre plus efficiente des matières premières seront évidemment décisives pour la baisse des coûts», quel que soit le rythme auquel le solaire pourra faire jeu égal avec les fournisseurs d’électricité classique. En tout état de cause, le solaire continuera d’intéresser analystes et investisseurs.
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